1–10
mois de durée
0€
dépôt de garantie
1 mois
préavis locataire
Élan
Loi n°2018-1021
Qu’est-ce qu’un bail mobilité ?
Le bail mobilité est un contrat de location portant sur un logement meublé, d’une durée comprise entre 1 et 10 mois, non renouvelable. Il a été introduit par l’article 107 de la loi Élan n°2018-1021 du 23 novembre 2018 et est codifié aux articles 25-12 à 25-18 de la loi du 6 juillet 1989.
Ce type de bail répond à un besoin croissant de flexibilité locative en France. Avant la loi Élan, les personnes en mobilité professionnelle ou étudiante devaient se tourner vers des baux meublés classiques d’un an minimum, souvent inadaptés à leur situation temporaire. Le bail mobilité comble ce vide juridique en offrant un cadre légal spécifique.
Contrairement au bail meublé classique (loi du 6 juillet 1989), le bail mobilité présente plusieurs particularités majeures :
- Durée limitée : entre 1 et 10 mois, fixée librement par les parties dans ce cadre
- Non renouvelable : à l’échéance, le contrat prend fin automatiquement sans tacite reconduction
- Aucun dépôt de garantie : le bailleur ne peut exiger de dépôt de garantie (art. 25-15 loi du 6 juillet 1989)
- Réservé aux logements meublés : le logement doit respecter la liste des équipements obligatoires (décret n°2015-981)
- Public éligible restreint : seules certaines catégories de locataires peuvent y prétendre
Le bail mobilité s’inscrit dans la volonté du législateur de faciliter la mobilité géographique et professionnelle tout en protégeant les locataires grâce à un encadrement strict. Il est particulièrement adapté aux stages, missions temporaires, formations et études dans une ville différente du domicile principal.
Qui peut bénéficier du bail mobilité ?
Le bail mobilité n’est pas ouvert à tous les locataires. L’article 25-12 de la loi du 6 juillet 1989 définit précisément les catégories de personnes éligibles. Le locataire doit, au moment de la prise d’effet du bail, être dans l’une des situations suivantes :
| Situation du locataire | Justificatif requis |
|---|---|
| Études supérieures (formation initiale) | Certificat de scolarité ou carte d’étudiant |
| Formation professionnelle | Attestation de l’organisme de formation |
| Stage (convention de stage) | Convention de stage signée |
| Contrat d’apprentissage | Contrat d’apprentissage enregistré |
| Service civique (engagement volontaire) | Contrat de service civique |
| Mutation professionnelle | Lettre de mutation ou avenant au contrat de travail |
| Mission temporaire (intérim, CDD) | Contrat de mission ou CDD |
| Saisonnier (emploi saisonnier) | Contrat de travail saisonnier |
Le locataire doit fournir un justificatif attestant de sa situation au moment de la signature du bail mobilité. Ce justificatif est annexé au contrat. Si le locataire ne remplit plus les conditions en cours de bail (par exemple, fin de stage), cela n’invalide pas le bail en cours : seule la situation au moment de la prise d’effet compte.
En revanche, un locataire qui ne justifie d’aucune de ces situations ne peut pas signer un bail mobilité. Dans ce cas, il devra se tourner vers un contrat de location classique (bail meublé d’un an ou bail nu de trois ans).
Conditions et règles du bail mobilité
Le bail mobilité obéit à des règles spécifiques qui le distinguent nettement du bail meublé classique. Voici les principales conditions à connaître pour le bailleur comme pour le locataire.
Aucun dépôt de garantie
C’est l’une des caractéristiques les plus marquantes du bail mobilité : le bailleur ne peut exiger aucun dépôt de garantie (article 25-15 de la loi du 6 juillet 1989). Cette interdiction est d’ordre public, toute clause contraire est réputée non écrite.
Pour se prémunir contre les impayés, le bailleur peut en revanche solliciter la garantie Visale, un dispositif gratuit proposé par Action Logement. Visale couvre les loyers impayés et les dégradations locatives pendant toute la durée du bail mobilité, dans la limite de 36 mensualités. C’est la solution recommandée pour sécuriser un bail mobilité sans demander de dépôt de garantie.
Durée : 1 à 10 mois, non renouvelable
La durée du bail mobilité est fixée librement par les parties, mais elle doit être comprise entre 1 mois minimum et 10 mois maximum. Elle est précisée dans le contrat dès la signature.
Le bail peut être modifié par avenant pour prolonger la durée, à condition que la durée totale ne dépasse pas 10 mois. Par exemple, un bail initialement conclu pour 4 mois peut être prolongé de 3 mois par avenant, portant la durée totale à 7 mois.
En revanche, le bail mobilité est strictement non renouvelable : à l’échéance des 10 mois maximum, il prend fin de plein droit. Si le bailleur et le locataire souhaitent poursuivre la relation locative, ils doivent conclure un nouveau bail, soit un nouveau bail mobilité (si les conditions sont réunies), soit un bail meublé classique d’un an.
Préavis du locataire : 1 mois
Le locataire peut résilier le bail mobilité à tout moment avec un préavis d’un mois (article 25-16 de la loi du 6 juillet 1989). Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte d’huissier ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement.
Le bailleur, en revanche, ne peut pas donner congé avant le terme prévu au contrat. Il n’a pas besoin de donner congé à l’échéance puisque le bail prend fin automatiquement à la date convenue.
Loyer et charges
Le montant du loyer d’un bail mobilité est librement fixé par les parties. Toutefois, dans les zones soumises à l’encadrement des loyers (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Montpellier, etc.), le bail mobilité est soumis aux mêmes plafonds que les baux meublés classiques. Le bailleur doit respecter le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral.
Les charges locatives sont obligatoirement fixées sous forme de forfait (et non de provisions avec régularisation annuelle comme dans un bail classique). Ce forfait est déterminé à la signature du bail et ne peut pas être modifié en cours de contrat. Il doit correspondre à une estimation réaliste des charges récupérables.
Diagnostics obligatoires
Le bailleur doit fournir au locataire les mêmes diagnostics techniques que pour un bail classique : DPE (diagnostic de performance énergétique), CREP (constat de risque d’exposition au plomb pour les logements construits avant 1949), état des risques naturels et technologiques, diagnostic amiante si applicable, et diagnostic électricité/gaz si les installations datent de plus de 15 ans.
Différences entre bail mobilité et bail meublé classique
Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre le bail mobilité et le bail meublé classique (loi du 6 juillet 1989). Cette comparaison vous aidera à choisir le contrat le plus adapté à votre situation.
| Critère | Bail mobilité | Bail meublé classique |
|---|---|---|
| Base légale | Art. 25-12 à 25-18 loi du 6 juillet 1989 (loi Élan 2018) | Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 |
| Durée | 1 à 10 mois | 1 an (9 mois pour étudiants) |
| Renouvellement | Non renouvelable | Tacite reconduction |
| Dépôt de garantie | Interdit (0€) | 2 mois de loyer hors charges maximum |
| Préavis locataire | 1 mois (à tout moment) | 1 mois (zone tendue) / 3 mois |
| Préavis bailleur | Aucun (fin automatique) | 3 mois avant l’échéance |
| Charges | Forfait (non régularisable) | Provisions avec régularisation annuelle |
| Public éligible | Étudiants, stagiaires, intérimaires, etc. | Tout locataire |
| Type de logement | Meublé uniquement | Meublé |
| Garantie Visale | Recommandée (pas de dépôt) | Optionnelle |
Le bail mobilité est clairement plus avantageux pour le locataire (pas de dépôt, préavis court, fin automatique). Pour le bailleur, il offre une flexibilité de durée mais nécessite de recourir à Visale pour se protéger contre les impayés. Si votre locataire ne remplit pas les conditions d’éligibilité, privilégiez un bail meublé classique.
Mentions obligatoires du bail mobilité
Comme tout contrat de location, le bail mobilité doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires (article 25-14 de la loi du 6 juillet 1989). L’omission de l’une d’entre elles peut entraîner la requalification du bail en bail meublé classique.
- La mention « bail mobilité » : le contrat doit expressément indiquer qu’il s’agit d’un bail mobilité au sens de l’article 25-12 de la loi du 6 juillet 1989
- L’identité des parties : nom, prénom, date de naissance et adresse du bailleur et du locataire
- La description du logement : adresse, surface habitable, nombre de pièces, équipements et éléments du mobilier
- La durée du bail : précisée en mois (entre 1 et 10 mois)
- Le montant du loyer et ses modalités de paiement (date d’exigibilité, mode de règlement)
- Le montant du forfait de charges : distinct du loyer nu
- Le motif de mobilité du locataire : la situation justifiant le recours au bail mobilité
- L’inventaire détaillé du mobilier : liste et état des meubles et équipements fournis
- Le montant du dernier loyer acquitté par le précédent locataire (si le logement a été reloué dans les 18 mois)
- La mention de l’interdiction du dépôt de garantie
- Les diagnostics techniques annexés au bail
Le justificatif de mobilité (carte d’étudiant, convention de stage, contrat de mission, etc.) doit être annexé au bail. C’est un document essentiel : sans lui, le bail pourrait être requalifié en bail meublé classique par un juge, avec toutes les conséquences que cela implique (tacite reconduction, dépôt de garantie autorisé, etc.).
Comment créer un bail mobilité en ligne avec FairePlace
Créer un bail mobilité conforme peut sembler complexe compte tenu des nombreuses mentions obligatoires. Avec FairePlace, vous générez un bail mobilité juridiquement valide en quelques minutes, sans connaissances juridiques particulières.
Étape 1 : Renseignez les informations du bail
Connectez-vous à votre compte FairePlace et sélectionnez « Bail mobilité » comme type de contrat. Renseignez les informations du bien (adresse, surface, équipements), du bailleur et du locataire. L’application vous guide pas à pas et s’assure que toutes les mentions obligatoires sont remplies.
Étape 2 : Personnalisez la durée et le loyer
Définissez la durée du bail (1 à 10 mois), le montant du loyer et le forfait de charges. Si votre logement se situe en zone d’encadrement des loyers, FairePlace vérifie automatiquement que le loyer respecte les plafonds en vigueur. L’inventaire du mobilier est pré-formaté pour ne rien oublier.
Étape 3 : Signez et partagez le bail
Générez le bail mobilité au format PDF, conforme aux articles 25-12 à 25-18 de la loi du 6 juillet 1989. Partagez-le avec votre locataire pour signature électronique directement depuis la plateforme. Le bail signé est archivé et accessible à tout moment dans votre espace FairePlace.
Droits et obligations du bailleur et du locataire
Obligations du bailleur
- Délivrer un logement décent : le logement doit respecter les critères de décence (surface minimale de 9 m², absence de risques pour la sécurité et la santé, performance énergétique minimale DPE G depuis 2025 (F à partir de 2028))
- Fournir un logement meublé : le mobilier doit comprendre au minimum les 11 éléments listés par le décret n°2015-981 (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, etc.)
- Remettre les diagnostics techniques : DPE, CREP, état des risques, etc.
- Ne pas exiger de dépôt de garantie : toute somme versée à ce titre devra être restituée
- Réaliser un état des lieux d’entrée et de sortie contradictoire
- Délivrer des quittances de loyer sur demande du locataire, gratuitement
- Assurer les réparations importantes (gros travaux, vétusté)
Obligations du locataire
- Payer le loyer et les charges aux dates convenues
- User paisiblement du logement conformément à sa destination (habitation)
- Souscrire une assurance habitation : obligation identique à tout bail d’habitation
- Entretenir le logement et effectuer les menues réparations (entretien courant)
- Restituer le logement en bon état à la fin du bail, compte tenu de la vétusté normale
- Respecter le préavis d’un mois en cas de départ anticipé
- Fournir le justificatif de mobilité au moment de la signature
En cas de manquement du locataire (impayés, dégradations), le bailleur dispose des mêmes recours que pour un bail classique : mise en demeure, clause résolutoire (si prévue au bail), saisine du tribunal judiciaire. La garantie Visale, si elle a été souscrite, couvre les impayés de loyer et les dégradations locatives.
Bail mobilité : ce qu’il faut retenir
- Le bail mobilité est un contrat meublé de 1 à 10 mois, non renouvelable, créé par la loi Élan (2018).
- Il est réservé aux étudiants, stagiaires, intérimaires, apprentis et personnes en mobilité professionnelle.
- Aucun dépôt de garantie ne peut être exigé, la garantie Visale est recommandée.
- Le locataire peut partir à tout moment avec 1 mois de préavis.
- Les charges sont au forfait (pas de régularisation annuelle).
- Le bail mobilité doit mentionner expressément sa nature et le motif de mobilité du locataire.
- Avec FairePlace, créez un bail mobilité conforme en quelques clics. Commencer gratuitement →
Questions fréquentes sur le bail mobilité
- Jusqu’à 3 biens
- Bail conforme loi Alur
- PDF illimité
- Quittances automatiques
- Jusqu’à 25 biens
- 30 signatures/mois incluses
- Révision IRL automatique
- Support prioritaire