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Charges déductibles revenus fonciers 2026 : la liste complète

Mis à jour le 20 mai 2026

Les charges déductibles des revenus fonciers sont strictement listées par l'article 31 du Code général des impôts. Cette liste limitative encadre tout ce qu'un bailleur au régime réel peut déduire de ses loyers bruts. Bien maîtrisée, elle permet souvent de neutraliser l'impôt sur les loyers et de générer un déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (21 400 € pour la rénovation énergétique). Ce guide détaille les 8 familles de charges admises, les exclusions à connaître, et la procédure de télédéclaration 2026.

10 min pour générer un bail conforme
10 mentions vérifiées automatiquement (décret 2015-587)
6 annexes incluses, DPE et diagnostics
0 € 5 biens inclus, sans carte bancaire
8 familles de charges déductibles strictement listées Article 31 I 1° CGI
20 € frais de gestion forfaitaires par bien et par an (papier, écritures) Article 31 I 1° e CGI
Réel honoraires de gestion déléguée déductibles au montant réel justifié (pas de plafond légal) Article 31 I 1° e CGI
10 ans durée minimale de conservation des justificatifs en cas de déficit reportable Article L. 169 LPF

Charges déductibles : qui est concerné ?

Les charges déductibles ne sont accessibles qu'aux bailleurs au régime réel des revenus fonciers, soit que leurs revenus fonciers bruts dépassent 15 000 € par an (article 32 du CGI), soit qu'ils aient opté pour ce régime (option valable 3 ans, irrévocable). Au micro-foncier, l'abattement forfaitaire de 30 % se substitue à toute déduction de charges réelles.

Périmètre. Seules les locations nues (non meublées) sont concernées par les revenus fonciers et l'article 31 du CGI. Les locations meublées relèvent du régime BIC et obéissent à des règles de déduction différentes, incluant notamment l'amortissement du bien. Les SCI à l'IR remontent les charges au prorata aux associés. Les SCI à l'IS suivent les règles comptables et fiscales des sociétés.

Règle d'or. Seules les dépenses engagées dans l'intérêt direct de la location sont déductibles, et seulement dans les catégories limitativement listées par l'article 31 du CGI. Toute autre dépense, même légitime économiquement, n'est pas déductible (par exemple : un abonnement professionnel non lié à la gestion locative, des frais bancaires d'un compte personnel mixte, des dépenses de bouche en visite du bien).

Les 8 familles de charges déductibles (article 31 CGI)

Liste limitative officielle. Chaque dépense doit pouvoir être rattachée à l'une de ces 8 catégories. Au-delà, déduction refusée.

1

Intérêts d'emprunt et frais accessoires

Article 31 I 1° d CGI

Intérêts mensuels du prêt immobilier, frais de dossier bancaire, frais de garantie (hypothèque, caution Crédit Logement), assurance emprunteur, intérêts d'un emprunt travaux. Le capital remboursé n'est jamais déductible (il constitue de l'épargne, pas une charge).

2

Travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration

Article 31 I 1° b CGI

Peinture, plomberie, électricité, isolation, double vitrage, chauffage, mise aux normes, ravalement, toiture. Intégralement déductibles, sans plafond. Exclusion stricte des travaux de construction, reconstruction et agrandissement (création de surface habitable additionnelle).

3

Taxe foncière

Article 31 I 1° c CGI

Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) due par le bailleur, sur l'année de paiement. Exclusion de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) refacturée au locataire dans les charges récupérables.

4

Frais de gestion forfaitaires

Article 31 I 1° e CGI

20 € par bien et par an, déductibles automatiquement, pour couvrir la correspondance et les écritures comptables courantes. Non cumulable avec une justification de frais réels pour le même poste.

5

Frais de gestion réels (gestion déléguée)

Article 31 I 1° e CGI

Honoraires d'agence immobilière en gestion locative, honoraires d'administrateur de biens. Déductibles au montant réel justifié (factures, mandat de gestion). Aucun plafond légal fixé par l'article 31 du CGI, mais l'administration peut requalifier un montant manifestement excessif. Cumul possible avec le forfait de 20 € par local.

6

Primes d'assurance

Article 31 I 1° a bis CGI

Assurance Propriétaire Non Occupant (PNO), garantie loyers impayés (GLI), assurance emprunteur (déjà intégrée aux intérêts), multirisque habitation du bailleur le cas échéant. Les assurances payées par le locataire ne sont pas déductibles.

7

Provisions de copropriété et charges du syndic

Article 31 I 1° a quater CGI

Provisions trimestrielles pour charges courantes du syndic (entretien, eau, chauffage commun, ascenseur, gardiennage). Régularisation l'année suivante selon le décompte de charges effectif. Les charges récupérables sur le locataire (eau froide, chauffage individuel) sont retraitées comptablement.

8

Indemnités d'éviction et frais de relogement

Article 31 I 1° f CGI

Indemnités versées à un locataire pour libérer le local en vue d'une nouvelle location, frais de relogement, frais d'huissier liés à une procédure de récupération du bien pour relouer. Doctrine BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-30-20.

Ce qui n'est PAS déductible : les exclusions à connaître

Les exclusions sont aussi importantes que les inclusions. Les 8 cas suivants concentrent une part importante des redressements fiscaux sur le revenu foncier (analyse fondée sur la doctrine BOFiP et les retours de praticiens).

  • Travaux de construction, reconstruction et agrandissement (création de surface habitable additionnelle)
  • TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) refacturée au locataire dans les charges récupérables
  • Amortissement du bien (réservé au régime BIC pour les locations meublées, pas pour le foncier)
  • Capital remboursé sur l'emprunt immobilier (constitue de l'épargne, pas une charge)
  • Frais d'acquisition initiaux : honoraires de notaire, frais d'agence pour l'achat, droits d'enregistrement (intégrés au prix de revient pour la plus-value à la revente)
  • Pénalités fiscales et intérêts de retard sur les impôts (non déductibles par nature)
  • Frais de premier établissement (architecte avant construction, étude de marché, prospection)
  • Dépenses personnelles non liées à la location (factures à l'adresse personnelle, dépenses mixtes non ventilées)

Cas litigieux fréquents. Le remplacement d'une fenêtre par un modèle double-vitrage est déductible (amélioration). L'ajout d'une véranda est exclu (création de surface habitable). La transformation d'un grenier en chambre est exclue. La réfection complète d'une cuisine avec ajout de placards est déductible. En cas de doute, la doctrine BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-30 et la jurisprudence du Conseil d'État font autorité.

Conserver les justificatifs : 3, 6 ou 10 ans ?

La conservation des pièces justificatives est obligatoire et conditionne la défense en cas de contrôle fiscal. Trois durées coexistent.

  • 3 ans glissants (article L. 169 LPF) : délai de droit commun de prescription. C'est le minimum légal pour les pièces courantes (quittances de loyer, avis de paiement, taxe foncière, factures simples).
  • 6 ans recommandés : couvre le délai étendu en cas de manquement délibéré ou de défaut de déclaration (article L. 169 al. 2 LPF). Bonne pratique de gestion.
  • 10 ans impératifs : pour les factures de travaux liées à un déficit foncier reportable. Les intérêts d'emprunt excédentaires se reportent jusqu'à 10 ans, justificatifs à conserver pendant toute la durée du report et au-delà.

Conservation numérique. La numérisation des factures et justificatifs est recevable depuis l'arrêté du 22 mars 2017, à condition de respecter les exigences techniques (intégrité, lisibilité, conservation pérenne). Une simple photo de smartphone n'est pas suffisante : il faut un scan structuré, idéalement avec horodatage et empreinte cryptographique. Les outils SaaS de gestion locative comme FairePlace assurent automatiquement cette conformité.

Comment reporter ses charges sur le formulaire 2044

Le formulaire 2044 est obligatoire pour tous les bailleurs au régime réel. Voici la méthode de saisie par catégorie.

  1. Cadre 200 : revenus bruts

    Saisir le total des loyers perçus dans l'année (hors charges récupérables type eau froide, chauffage individuel). Les loyers impayés ne sont pas à déduire ici : ils restent imposables sur l'année d'exigibilité, sauf à constater leur caractère irrécouvrable.

  2. Cadre 210 : intérêts d'emprunt

    Intérêts mensuels + frais accessoires (dossier, garantie, assurance emprunteur). Joindre le tableau d'amortissement pour justifier la ventilation capital/intérêts. Le capital remboursé n'est jamais déductible.

  3. Cadre 220 : travaux d'entretien, de réparation, d'amélioration

    Total des factures de travaux éligibles, ventilées par type de travaux. Joindre les factures détaillées (TVA, adresse du bien, nature des travaux) en cas de contrôle. Exclure soigneusement les travaux de construction, reconstruction et agrandissement.

  4. Cadre 230 : autres charges déductibles

    Taxe foncière (hors TEOM récupérable), 20 € forfaitaires par bien, frais de gestion réels (plafonnés à 8 % des loyers), primes d'assurance, provisions de copropriété, indemnités d'éviction. Détail par bien et par catégorie.

  5. Report sur la 2042

    Le formulaire 2044 calcule automatiquement le revenu net foncier ou le déficit. Reporter sur la 2042 case 4BA (revenu net positif), 4BB (déficit imputable sur revenu global jusqu'à 10 700 €), 4BC (fraction reportable sur revenus fonciers), 4BD (déficits antérieurs reportés des années précédentes).

Charges déductibles revenus fonciers : ce qu'il faut retenir. Liste limitative de 8 familles à l'article 31 du CGI : intérêts d'emprunt, travaux d'entretien/réparation/amélioration (pas de construction/reconstruction/agrandissement), taxe foncière (hors TEOM récupérable), frais de gestion (forfait 20 € par local + honoraires de gestion déléguée au réel justifié), primes d'assurance PNO et GLI, provisions de copropriété, indemnités d'éviction. Exclusions strictes : amortissement (réservé au BIC), capital remboursé, frais d'acquisition (notaire, agence achat), pénalités fiscales, dépenses personnelles. Conservation : 3 ans minimum, 6 ans recommandés, 10 ans impératifs en cas de déficit reportable.

Cas particuliers

SCI à l'IR : remontée des charges aux associés

Les SCI à l'IR déposent une déclaration 2072 au niveau de la société, qui calcule le résultat foncier global et le ventile entre les associés selon les statuts. Chaque associé reporte sa quote-part de loyers et de charges sur sa 2044 personnelle. Les règles de déductibilité de l'article 31 du CGI s'appliquent au niveau de la SCI, puis transparentent aux associés.

Indivision

Chaque indivisaire déclare sa quote-part de loyers et de charges au prorata de ses droits dans l'indivision. Le seuil de 15 000 € qui sépare micro-foncier et réel s'apprécie par foyer fiscal sur la quote-part personnelle. Les justificatifs doivent permettre la ventilation : conserver les factures au nom de l'indivision ou au nom de l'indivisaire ayant payé.

Démembrement de propriété

L'usufruitier déclare les loyers et déduit les charges courantes (taxe foncière, gestion, assurance, petites réparations). Le nu-propriétaire peut déduire les grosses réparations (article 605 du Code civil) sur son propre revenu foncier s'il en a. En cas de démembrement temporaire avec un bailleur social, des règles spécifiques s'appliquent (article 156 II 2° du CGI sur la déduction des charges supportées par le nu-propriétaire).

Première année de location

Les loyers et charges sont retenus au prorata de la période effective de location. Les travaux engagés avant la première mise en location sont déductibles s'ils ont été facturés et payés et que le logement est effectivement loué dans un délai raisonnable après les travaux (doctrine BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-30-20). Les frais d'acquisition (notaire, agence) restent exclus.

FairePlace : suivi des charges déductibles par bien et par catégorie

Charges agrégées par bien et par catégorie de l'article 31 du CGI, distinction automatique TEOM récupérable vs taxe foncière déductible, export pré-rempli pour le formulaire 2044, archivage probant des factures de travaux sur 10 ans. Plan Gratuit : 5 biens, suivi recettes et charges illimité, export 2044 inclus. Sans carte bancaire.

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Questions fréquentes sur les charges déductibles

Quelles charges sont déductibles des revenus fonciers en 2026 ?

L'article 31 du CGI fixe une liste limitative de 8 familles de charges admises en déduction du revenu foncier brut : intérêts d'emprunt et frais accessoires, travaux d'entretien et de réparation, taxe foncière, frais de gestion (forfait 20 € par local + honoraires de gestion déléguée au réel), primes d'assurance, provisions de copropriété, indemnités d'éviction et frais de relogement. Aucune autre catégorie n'est admissible. Les amortissements, le capital remboursé sur l'emprunt et les frais d'acquisition (notaire, agence) ne sont pas déductibles : ils intègrent le prix de revient du bien pour le calcul de la plus-value à la revente.

Quels travaux sont déductibles des revenus fonciers ?

Sont déductibles les travaux d'entretien (remise en état de l'existant), de réparation (remplacement à l'identique d'équipements vétustes) et d'amélioration (ajout d'un élément de confort moderne sans modifier la structure). Concrètement : peinture, plomberie, électricité, isolation, double vitrage, chauffage central, mise aux normes, ravalement, réfection de toiture, cuisine, salle de bain. Sont strictement exclus les travaux de construction (édification d'un bâtiment nouveau), de reconstruction (démolition suivie d'une réédification) et d'agrandissement (création de surface habitable additionnelle). La doctrine BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-30-10 précise les frontières au cas par cas.

Comment déduire les frais de gestion en revenus fonciers ?

Deux mécanismes cumulables. (1) Frais forfaitaires : 20 € par bien et par an, déductibles automatiquement, couvrant la correspondance et les écritures comptables courantes (article 31 I 1° e du CGI). (2) Frais réels de gestion déléguée : honoraires d'agence ou d'administrateur de biens, déductibles au montant réel justifié (pas de plafond légal fixé par l'article 31 du CGI). Conservez factures et mandat de gestion ; l'administration peut requalifier un montant manifestement excessif au regard du marché. Conserver toutes les factures et mandats de gestion pendant 3 à 10 ans selon les cas.

L'assurance emprunteur est-elle déductible des revenus fonciers ?

Oui. L'assurance emprunteur (décès, invalidité, perte d'emploi) souscrite obligatoirement avec un prêt immobilier locatif est déductible en tant que frais accessoire d'emprunt (article 31 I 1° d du CGI). Elle s'ajoute aux intérêts d'emprunt dans la même catégorie. Attention : seule la part attribuable au bien locatif est déductible. Si l'assurance couvre aussi votre résidence principale ou un prêt mixte, ventiler au prorata des montants empruntés. La quotité d'assurance par tête (si emprunteurs multiples) n'a pas d'impact, c'est la prime totale qui compte.

Peut-on déduire la taxe foncière des revenus fonciers ?

Oui, intégralement et sur l'année de paiement (article 31 I 1° c du CGI). Une nuance importante : la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères), même incluse dans l'avis de taxe foncière, n'est pas déductible si elle est refacturée au locataire dans les charges récupérables (cas le plus fréquent). Vous devez donc isoler la TEOM dans l'avis et la retraiter comptablement. Les autres taxes locales (taxe sur les bureaux, taxe spéciale d'équipement) sont déductibles si le bailleur en est redevable légalement.

Combien de temps conserver les justificatifs de charges ?

Trois durées coexistent. Délai de droit commun : 3 ans glissants (article L. 169 du Livre des procédures fiscales) pour la prescription du contrôle. Délai pratique recommandé : 6 ans, pour couvrir le délai élargi en cas de manquement délibéré ou de défaut de déclaration. Délai impératif : 10 ans pour les factures de travaux liées à un déficit foncier reportable (le report étant possible jusqu'à 10 ans pour les intérêts d'emprunt excédentaires). La conservation numérique est recevable depuis l'arrêté du 22 mars 2017 (justificatifs scannés ou nativement numériques).

Les charges de copropriété sont-elles déductibles ?

Oui, en deux temps. Les provisions trimestrielles pour charges courantes (eau, chauffage commun, entretien, ascenseur, gardiennage) sont déductibles dans l'année de leur paiement effectif. La régularisation annuelle des charges est ensuite intégrée au revenu foncier de l'année où le décompte du syndic est arrêté. Les charges récupérables sur le locataire (eau froide, chauffage individuel, frais d'antenne TV) ne sont pas déductibles : elles transitent par les charges récupérables hors revenus fonciers. Les travaux exceptionnels (ravalement, réfection toiture commune) suivent le régime des travaux d'entretien.

Les frais de notaire et d'agence à l'achat sont-ils déductibles ?

Non. Les frais d'acquisition (honoraires de notaire, droits d'enregistrement, frais d'agence pour l'achat) ne sont jamais déductibles des revenus fonciers. Ils intègrent le prix de revient du bien et entreront dans le calcul de la plus-value à la revente (où ils peuvent être retenus pour leur montant réel ou pour un forfait de 7,5 % du prix d'achat selon le choix le plus avantageux). Les frais d'agence pour la mise en location (premier mandat locatif, honoraires de rédaction du bail) sont en revanche déductibles en tant que frais de gestion.

Faut-il choisir entre frais réels et forfaitaires ?

Pour les frais de gestion, oui : pas de cumul sur le même poste. Vous bénéficiez automatiquement des 20 € forfaitaires par bien et par an (article 31 I 1° e du CGI), et vous y ajoutez les frais réels de gestion déléguée si vous en avez (honoraires d'agence, plafonnés à 8 % des loyers). Pour les autres charges, il n'y a pas de choix forfait/réel : seul le réel est admis, justificatifs à l'appui. Pour la plupart des bailleurs particuliers gérant en direct, les 20 € forfaitaires suffisent à couvrir les frais d'écritures et de correspondance.

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les textes fiscaux en vigueur et la doctrine officielle de l'administration.

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